Philippines - Nord de Luzon - 17/12/18



Rizières en terrasse autour de Batad

Pour vous accompagner dans cette lecture voici notre musique du moment. Chaque article sera (en théorie) accompagnée d'une musique. Bonne lecture !

https://soundcloud.com/fhin/fhin-quand-on-arrive-en-ville


C'est le départ !

Après un tour de France éclair et quelques au revoir, ça y est nous voici parti dans notre aventure.

A quoi s’attendre ? Savons-nous vraiment nous-même vers quel horizon nous allons ? Arrivés avec nos bagages (16 et 21 kgs dans les sacs principaux, et 5-7 kgs dans les sacs secondaires : c’est lourd le bazar. Note pour la prochaine fois : alléger le paquet) à l’aéroport CDG, nous allons au check’in. « Non, vous ne pouvez pas prendre l’avion si vous n’avez pas de billet de sorti des Philippines ». Oup's ! ... Après avoir expliqué que nous partons sans avoir de projet particulier pour la suite, nous prenons un aller simple pour la Birmanie en 2 minutes. Ah c’est bien nous ça ! Fallait bien commencer par quelque chose !

Surprise à l'aéroport de Rémi

En tout cas, nous atterrissons à Manille, capitale mouvementée des Philippines. Premiers pas sur le sol asiatique et premier chapardeur de taxi. Après avoir récupéré nos bagages, attendus dans une longue file d’attente un taxi, nous demandons évidemment le « taxi-meter ». Nous avons réservé une chambre d’hôtel pour s’échapper rapidement vers le Nord de Luzon. La course de taxi est longue car même à minuit, le trafic est dense et encombré. A l’arrivée, prétextant que le taxi meter est cassé, le chauffeur nous demande le triple du prix. Sacré toi ! On a bien l’habitude des petits malins comme toi. Allez, sois gentil et honnête et on te paye sinon tu repars les mains vides ce serait dommage. Ils ne perdent pas leurs bonnes habitudes ici, ça nous avait presque manqué ^^


Sagada

Courte nuit de 5 heures, et nous prenons la route dès 7h. Pour ne pas en avoir plein les pattes d’entrée de jeu, nous faisons une petite halte à Baguio. Autant être honnête, le logement que nous avons pris est à l’image de la ville : sans intérêt. Une vague esplanade au rythme des pas de danses des jeunes philippins et un petit lac rempli de barques en forme de cygne. Passage par l’office de tourisme et balade en centre-ville. C’est une ville étudiante très vivante mais manquant cruellement d’activités. Seule réelle surprise : les décorations de Noël sont omniprésentes et démesurées.




Village près de Sagada

Une bonne nuit ne sera pas de trop. C’est sans compter sur le sport national : le karaoké. Notre guesthouse semble être le terrain de jeu préféré de certains jeunes qui chanteront jusqu’à minuit…

Le lendemain, nous ne perdons pas de temps, départ aux aurores pour Sagada, petite ville perdue au cœur des chaines de montagnes de Luzon. Après 8h de bus « énergique » à travers les routes sinueuses de montagnes (sacré chauffeur !) nous partons à la recherche d’un logement et nous nous dirigeons sur les hauteurs de la ville avec nos sacs sur le dos (pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ???). La guesthouse fera l’affaire, petite chambre simple et sanitaires en communs, nous n’avons pas besoin de plus.

Petit tour rapide de la ville, inscription à l’office de tourisme (c'est obligatoire dans le Nord de Luzon) et au dodo… Enfin, on croyait… Nous sommes le jour d’une fête locale. Les habitants se donnent rendez-vous dans la cour de la guesthouse, jouent de la guitare et chantent toute la nuit jusqu’au lever de soleil pour sacrifier un cochon. Sacrément courageux car la nuit les températures chutent fortement. Le son de la guitare accompagné des chants est calme et agréable malgré la courte nuit. Celui du cochon égorgé au petit matin l’est un peu moins.


Marche avec Catherine

Vu depuis Filosa

Il nous en faut plus que ça pour être dérangé ^^. Pour se changer les idées, nous partons randonner vers une cascade. Accompagnée de Catherine notre super guide, nous marchons à travers sentiers, rizières et son village.

Elle est fermière mais alterne également en faisant guide touristique pour gagner correctement sa vie.








Une belle cascade nous attend au bout, l’eau est fraîche mais ça n’empêchera pas une petite baignade pour Gaëlig. Le retour est un peu plus raide et à des températures plus élevées mais nous n’en avons pas assez. L’après-midi débute et nous décidons de s’offrir une petite cession spéléologie permettant de traverser toute une galerie entre deux grottes. Accompagné de notre guide nous fonçons à travers la 1ère grotte. Mais l’idée n’est pas si bonne à première vue. Le guide qui ne parle pas un mot d’anglais est en tongues, aucun équipement de sécurité (casque, gants…) n’est disponible en cette période, et l’éclairage se résume à une lampe à pétrole qui fonctionne par intermittence. Les seuls équipements fonctionnant sont nos lampes frontales et nos chaussures. Après une heure de marche et après les explications peu rassurantes du guide sur les difficultés à venir, nous choisissons de rebrousser chemin. L’expédition à l’air d’être superbe mais nous ne sommes pas rassurés, notre voyage est encore bien long, autant se préserver un peu. Visite d’un atelier de tissage et pause au bord d’un cours d’eau et de petites cascades en fin d’après-midi.

Le soir, nous allons au restaurant pour l’anniversaire de Gaëlig. Manon lui fait la surprise d’un gâteau avec des bougies… amené avec le plat principal … original ! Evidemment, pour marquer l’évènement, Manon mangera le gâteau « No Gluten Free »


Cercueils suspendus à Eco Valley

Le lendemain, randonnée dans Eco Valley et découverte des cercueils suspendus le matin et randonnée l’après midi jusqu’au Mont Malboro (sans guide halléluia).

Impressionnant de voir autant de cercueils disposés de la sorte, non seulement à Eco Valley mais aussi dans plusieurs grotte attenantes à Sagada.
















Mont Malboro

Cette ville est superbe mais il est bien difficile de trouver des activités intéressantes à coût raisonnable sans être obligatoirement suivi comme son ombre par un guide (ne serait-ce que pour marcher). Car ici, se sentant peut-être obligé par la population locale, le touriste paye. Nous comprenons tout à fait que la population locale puisse profiter du tourisme pour vivre mais obliger le touriste à utiliser un véhicule pour effectuer une activité (ne serait-ce que 500m) est une autre histoire. Alors il n'a pas été étonnant de se retrouver seuls sur la route du Mont Malboro où nous découvrons un métier bien original : la balayeuse de route.


Et nous voici parti de Sagada pour gagner la région de Batad. Nous arrivons de nuit sous une fine pluie, il fait frais et nous n'avons pas de plan particulier. Arrivé à la guesthouse, un des membre du staff nous propose d'aller à Batad. Nous choisissons l'option du trek de 2 jours/1 nuit (avec une négo de BG du 42^^). La nuit sera de courte durée et nos gardons uniquement nos petits sacs pour ces 2 jours.


Accompagné de Arold, notre jeune et adorable guide (qui a dû troquer ses chaussures mouiller par les dernières pluies contre des sandales), nous débutons une journée de 7h de marche et 18kms à travers forêts et rizières. De grosses grimpettes dans la boue, des sentiers sinueux, d'étroit passage au bord du ravin, ... Un peu dangereux toutefois mais nous prenons garde de ne pas glisser pour éviter les 50m de chute. Mais quel plaisir de voir ces premières rizières en terrasse ! Quel spectacle ! Grâce à Arold qui est fils de paysans et étudiant nous découvrons un univers à part.


Nous empruntons le seul chemin permettant l'accès au village de Pula, et ce n'est pas coton ! Pour construire le village, les habitants doivent se farcir les 12kms avec des sacs de matériaux (comme le ciment) sur le dos allant jusqu'à 40 kilos. Ca n'inspire que le respect. Nous dévallons les hautes marches en pierres, les chemins, les rizières, pont de singe (Manon est ravie) ... Les jambes se font lourdes mais ça en vaut la peine. Nous passons la nuit à Kambulo chez l'habitant, très sympa, les enfants sont joueurs et les hommes jouent à un drôle de jeu d'échec avec des pièces de Dames, les règles sont incompréhensibles. Excellent repas, le riz est évidemment délicieux.


Après une nuit paisible, nous voilà partis pour Batad. Copieux et délicieux petit déjeuner à base de ... riz évidemment.

Au programme, 2h de montée dans de la boue glissante (il s'agit d'un chemin secondaire, le principal étant impraticable suite à un glissement de terrain impressionnant), 2h de descente glissante, 1h et 1000 marches pour rejoindre une splendide cascade et arriver enfin aux incroyables rizières en terrasses de Batad le tout sous quelques gouttes. Époustouflant ! Quelles couleurs ! Quelle beauté ... Des paysages magnifiques mais pas seulement.










Nous avons peut être vu la plus belle cascade de notre vie : 30m de chute d'un volume incroyable. Le fracas de l'eau rendait l'atmosphère paisible. Mais de préférence, fermez les yeux car la pollution visuelle de selfie pourrait gâcher ce doux instant bercé par le cour d'eau émettant une si belle mélodie. Nous avons ensuite appris que le riz se cultive uniquement 6 mois, 2 mois de plantation (avec des micro culture pour démarrer), 4 mois de cultures, puis récolte. Il s'agit de la saison hors pluies et typhons. Les rizières en terrasse sont dotées d'un système d'irrigation ingénieux, simple et naturel. L'eau provient de rivière et cascades, canalisées dans des tranchées (parfois empierrées) jusqu'aux terrasses. Là des écluses en feuilles sont installées pour ouvrir ou fermer le passage de l'eau vers les terrasses. L'eau utilisée (ou non) termine sa course dans le même cours d'eau. L'eau une fois arrivée dans le première terrasse circule vers les terrasses inférieures par système de trop plein. Les terrasses doivent aussi être nettoyées chaque année avant plantation : un jour de nettoyage pour une terrasse avec 5 fermiers.


1 famille (qui peut souvent avoir jusqu'à dix enfants) possède 5 à 10 terrasses. Le nombre dépend de la richesse. mais les terrasses ne s'achètent pas, elles se transmettent en famille (sauf si désir de vente exceptionnelle). Imaginons une famille possédant 5 champs, il faudra 1 mois pour les nettoyer ... Et oui, car ils nettoient également les champs des fermiers qui viennent les aider. L'entraide non payante ça existe encore, WAH ! Le riz est ensuite cultiver en micro culture pour les replanter sur de plus grandes surfaces. Un jour = 1,5 terrasse (tout dépend de la taille du champs).

Le riz est plus tard récolté, mis en grenier (à l'abris des animaux). 5% est gardé pour la saison suivante et la majeure partie est utilisée pour nourrir matin, midi et soir la famille. Et s'il en reste? Il peut être vendu : 1kg = 50pesos (environ 0,85€/kg) et peut nourrir jusqu'à 3-4 personnes par jour. Alors oui, il faut de grandes rizières et tout le monde s'y atèle, les femmes et mêmes les enfants. Notre guide Arold est enfant de fermier, il étudie la mécanique mais souhaite reprendre les cultures de ses parents. Pour lui, être fermier c'est un honneur et une fierté.


Après cette journée de 7h d'effort et 17kms, retour à la guesthouse, douche froide revigorante, rapide repas avant de prendre le bus de nuit vers Manille pour s'envoler vers Cebu. Nous n'avons bien sûr rien réservé (vol et logement)... Inch'Allah nous verrons sur place et à l'aéroport.

La dernière vidéo

Les derniers articles

Nous suivre ! 

  • Facebook
  • YouTube
  • Instagram
  • Noir SoundCloud Icône

© 2023 by Going Places. Proudly created with Wix.com