Myanmar - Bagan



Comme aux bonnes habitudes, voici un peu de musique pour vous accompagner en douceur. Merci Jean Tonique et bonne lecture !

1- https://soundcloud.com/jeantonique/un-reve-a-deux-feat-bleu-platine

2- https://soundcloud.com/jeantonique/emmanuelle-seigner-you-think



Shwezigon Pagoda

Après une nuit mouvementée, un petit déjeuner copieux nous décidons de changer de guesthouse. Dès le petit matin, 20 minutes à pied avec notre barda sur le dos ça réveille ! Les hanches commencent à grincer, les épaules à plier, le dos à faiblir. On avait pourtant bien lu qu'il ne fallait pas trop se charger, on aurait dû écouter, mais c'est pas grave maintenant faut faire avec. Nous louons très rapidement un scooter électrique pour partir à la découverte des perles de Bagan.

Et il faut avouer qu'on ne va pas être déçu. Nous commençons par la remarquable pagode Shwezigon très fréquentée par les croyants birmans. Colorée, grande ornementation, belle pagode. Des enfants s'amusent avec quelques gongs, nous en ferons de même à leur côté. Nous comprenons rapidement qu'à Bagan il faut se laisser guider par son instinct. Il y a 3000 lieux à visiter alors plutôt que de partir dans une chasse au temple comme une course en contre-la-montre nous optons pour une dérive contrôlée.

Au bord de la route principale partent nombreux petits sentiers de terre et de sable. Alors nous les empruntons à tour de rôle sans savoir ce qu'ils peuvent nous réserver. De merveilles en surprise nous apprécions rapidement cette liberté mais aussi le spectacle que nous offre la citée. Nombreuses pagodes encore en ruines, en restauration ou reconstruites. Ici vous sentez le poids du temps, ici les ruines vous font voyager et vous ramènent bien des siècles en arrière. On s'imagine rapidement traverser un immense royaume.





Ananda Temple

Notre trajet nous mène jusqu'à Ananda Temple. Quelle merveille !!! Construit il y a plus de 900 ans et entièrement rénové il est le joyaux de la cité. La pierre est parfaitement taillée et donne l'impression de perfection ou de temple espagnol. L'extérieur nous donna ce "whaou" dès le premier regard tout comme l'intérieur et ces 4 bouddhas positionnés aux points cardinaux à travers d'immenses galeries. Ce temple est majestueux. Nous ne pouvons compter et énumérer tous les temples et pagodes découvertes au fil des minutes mais nous pouvons vous donner la sensation de ce que nous ressentons.

Visite de l'immense (il ne faut pas mâcher ses mots) temple Sulamani puis nous prenons la direction d'une pagode en ruine visitée pendant la journée pour admirer notre premier coucher de soleil sur la plaine de Bagan. Le soleil est flamboyant, nous le voyons passer par tous ces états. Le spectacle aurait été plus formidable si quelques "plaisantins" n'avaient pas passer leur temps à beugler pendant 30 minutes plutôt que d'apprécier le spectacle.

Mais une fois leur photo prise ils étaient déjà repartis, le temps pour nous d'apprécier un peu plus la scène... dans le calme. Nous retrouvons ici un artisan rencontré plus tôt dans la journée qui nous avait montrer sa technique de laquage d'objet en tout genre. Ses créations sont jolies et nous donnent envie de lui en acheter, nous reviendrons si le cœur nous en dit. Pendant que l'artisan prépare ses créations, qu'une petite fille dessine sur son cahier au côté de sa mère, le soleil lui, se couche en dégageant une énergie formidable. Devant nous le soleil, sa rougeur. Derrière nous la nuit. Le ciel s'assombri et devient arc-en-ciel, du jaune soleil au bleu marine en passant par le violet et le orange. C'est grand. Nous revenons à notre hôtel des étoiles plein la tête. Vivement demain !



Nous voici reparti le lendemain dans la partie la plus éloignée de notre point de chute : New Bagan (nous logeons à Nyaung Oo). Au détour de quelques sentiers nous visitons différentes merveilles où l'ombre des touristes a disparu pour arriver sur un site fantastique. Nous sommes bien seuls, à croire qu'il faudrait du courage pour se sortir des sentiers touristiques et nous en avons l'habitude, il faut l'avouer ce n'est pas désagréable. Nous les français jamais contents, pro de la "râlerie" n'aimons pas beaucoup les touristes. C'est bien un comble quand on est touriste soi même. Alors nous préférons sortir de cette envie de râle pour encore plus profiter de ces petits plaisirs que nous offrent la vie.

Ici dans ce temple de Sitana Gyi Hpaya ignoré de toute foule nous y croisons un ancien professeur, passionné par Bagan et résidant dans la ville. Il se promène tous les jours dans les temples de Bagan et apprécie de nous voir dans ce lieu. "Peu de gens s'intéresse à cette pagode" nous dit-il "et pourtant c'est peut-être ici que l'on peut comprendre le plus de chose sur l'histoire de Bagan". Il part alors dans des explications sans fin sur les statues du Bouddha, les statues d'éléphants dans les angles, des ornements en pied de pagode (unique à Bagan nous dit-il). Toutes ces petites choses qui en font un lieu unique.

Puis, accompagné de cet historien et philosophe nous entamons une longue conversation. Lui qui est déjà venu en France, à Paris, se dit "choqué du nombre de noirs dans notre pays" (ça ne s'invente pas). Pour lui, notre culture et nos origines sont de couleur blanche. Nous sommes face à lui, pour qui l'appartenance à une nation ne peut être qu'un genre, qu'une unique culture. Surpris de notre discours, nous lui rappelons que pour nous la culture de notre pays c 'est aussi notre Histoire (comme pour les birmans) et que dans cette Histoire il y a eu des colonies.

Qu'en France (du moins pour nous) l'égalité des Hommes ne s'achève pas à des frontières et que l'être humain à plus sa place dans notre pays que des limites fictives faites sur des cartes après des guerres. Que quelque soit nos origines nous partageons tous (qu'on le veuille ou non) une culture. Et que cette culture n'a pas de couleur, n'a pas de religion et que l'on peut accepter chacun de ses voisins, tel qu'il est, même sans le connaître. Il a du mal à imaginer la chose différemment de ce qu'il a vu et entendu ici en Birmanie : il ne faut pas oublier que les frontières de la Birmanie se sont ouvertes il y a moins de 10 ans. Un message de fraternité qui l'a surpris et amené on l'espère dans une nouvelle réflexion.

Le midi nous avons mangé chez Yar Pyi le meilleur guacamole de toute notre vie. Une cuisine fine et raffinée. Le restaurant d'en face "The Moon" (que nous avions testé la veille) qui propose le même type de cuisine lui fait de l'ombre (car il est dans le Lonely Planet traduit dans toutes les nationalités) mais n'a pas la même qualité. Si un jour vous allez à Bagan vous ne pouvez pas rater cet endroit, la cuisine y est délicieuse et les patrons sont d'une gentillesse incroyable.

L'après-midi nous visitons quelques temples tous aussi merveilleux les uns que les autres et nous retournons à un spot découvert plus tôt dans la journée pour admirer un coucher de soleil absolument fantastique. Cette fois-ci, après une petite escalade aisée nous sommes seuls sur cette pagode, et pouvons apprécier un spectacle encore plus fantastique que la veille, la vue donnant sur le fleuve et les montagnes voisines. L'espace d'un moment nous sommes sur une autre planète.

Sur le chemin du retour, nous tombons en panne de batterie à des dizaines de kilomètres de notre hôtel. Mais le loueur viendra nous chercher ( grâce à l'aide d'un chauffeur de tuk tuk sorti de nul part) avec sa femme, ses 2 enfants, et 2 scooters. Ils semblent habitués à ce genre de panne et ne sont pas gênés, refusant toute compensation financière de notre part. Le père conduisait avec ses deux enfants tout en poussant du pied sa femme sur le scooter en panne. On vous laisse imaginer la scène acrobatique. Le soir petit repas dans un restaurant fréquenté par la jeune population locale (qui a l'air de bien aimé l'alcool de riz^^)




Troisième jour à Bagan, visite de Old Bagan et d'une fabrique de laque. L'artisanat de laque est en réalité bien compliqué et d'une précision incroyable. Les entreprises se transmettent en famille et sont présentent depuis des décennies. Nous faisons désormais la différence entre les laques véritables et les mauvaises copies (qui par ailleurs peuvent être dangereuses pour la santé). C'est un long procédé qui prend des semaines. Entre la forme du bol (pour exemple), les motifs, les gravures, les différentes couches de laque, les temps de séchage, les couleurs, il faut 3 mois pour que le bol soit achevé... Long pour un bol n'est-ce pas ?

Cette journée n'aurait pas pu se passer d'une panne de scooter, du guacamole de Yar Pyi et d'un magnifique coucher de soleil sur les plaines de Bagan.

Il faut avouer que les temples et pagodes de Bagan ça commence à être redondant, mais on ne boude tout de même pas notre plaisir. Pour la peine nous décidons de prolonger notre séjour à Bagan d'un jour supplémentaire.




Quatrième et dernier jour à Bagan. Nous ne pouvons pas partir d'ici sans un lever de soleil. Une virée en montgolfière est à notre grand malheur beaucoup trop coûteuse (650 euros à 2 pour 1h de vol). Alors nous retournons au spot de la veille où cela nous semble le plus approprié. Départ à 5h du matin, les points de vue sont bondés de cars, de monde, pourvu que le notre ne le soit pas... Et effectivement non, l'étroit escalier menant au sommet est même éclairé par des bougies installées par la marchande de tissus venue s'installer au petit matin. Notre petit coin de bonheur pour ce lever de soleil est juste parfait. Rien ne vaut cela.


Lever de soleil

Une vingtaine de montgolfières viennent s'ajouter à la fête, quelle beauté ! Les couleurs vives et éclatantes du soleil donnent à la vallée une vivacité saisissante et à la brique rouge des temples un éclat rayonnant. Retour à la guesthouse pour une excursion vers le Mont Popa après un petit déjeuner copieux et Gluten Free (Shwe Na Di guesthouse pour les intéressés). En route vers le Mont Popa avec 3 allemands (1h30 de transport), nous faisons halte dans une distillerie d'alcool de riz au bord de la route (qui fabrique également des bonbons) et faut bien avouer que de l'alcool de riz dès 9 heure du matin ça réveille !


Mont Popa

Sur le chemin nous assistons à une scène tragique que nous ne pouvons ignorer. Une scène qui nous a interrogé longtemps et aujourd'hui encore (ça vaudra bien un autre article pour la peine). En plein décor désertique, aride et sec, à 10 heure du matin et plus de 30 degrés, nous croisons sur le bord de la route une dame, tendant la main au passage de notre véhicule. Puis un vieil homme se couvrant d'une feuille de bananier assis, d'une femme protégeant son enfant du soleil, d'une vieille femme dont on devinait les tremblements... puis des dizaines, des centaines de personnes tendant la main... Pendant une dizaine de minutes notre chemin croise le regard de tous ces gens assis et debout au pied du désert. Que faire ? Que font-ils là ? S'arrêter ? Tracer sa route ? Est-ce notre problème ? Qui sont ces gens ? Pourquoi sont-ils là ? Comment est-ce possible ? Qui a créé ça ? Sont-ils là parce qu'un premier touriste est venu donner un peu d'argent ? Sommes-nous responsables ? N'étaient-ils pas agriculteurs ces gens là avant l'arrivée des touristes ? Comment peut-il y avoir autant de différence entre les habitants de Bagan à 50 kms et ces gens là ?

Comment le monde en est-il arrivé là ? Le cœur serré, nous restons interrogatif sur l'avenir et sur ce que nous avons tous créé ensemble. Sommes-nous acteur, nous voyageur, de ceci ? La folie touristique de Bagan ne semble pas profiter à tout le monde et il faut encore une fois sortir des sentiers battus pour s'en apercevoir. Les cultures s’appauvrissent et le tourisme est devenu roi là où la vie et l'agriculture savaient il y a quelques temps encore faire battre des cœurs. Nous voici face à l'envers du décor. Triste et désolant. Mais une chose est certaine : ils sont là car nous sommes également présent. Mais il est déjà trop tard. Est-ce nous qui tentons de nous convaincre qu'il est devenu plus facile et rentable de tendre la main que de produire en travaillant durement ? Est-ce nous qui tentons de ne pas voir qu'ils ont toujours vécu l'enfer ?


Après ce passage (que nous reverrons bien évidemment au retour), escalade des (très raides) marches pour atteindre le Mont Popa. Temple perché sur un bout de rocher. Surprenant et impressionnant. Le soir départ pour Kalaw en bus de nuit ( pour ne pas changer ^^) pour rejoindre le lac d'Inle en trek. Nous devons arriver vers 5h du matin et nous préparons à effectuer un long trek. Nous avons hâte ...




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