Cambodge - Phnom Penh / Battambang

Mis à jour : 7 août 2019


Un peu de musique pour parfaire votre lecture :

1- https://soundcloud.com/edbangerrecords/breakbot-back-for-more

2- https://soundcloud.com/jules-dubreuil/ali


Nous voici arrivés sur le sol Cambodgien. Ce n'est pas dans nos habitudes mais pour une fois nous ferons étape dans la capitale pour la visiter. Choc culturel immédiat, après avoir passé 3 semaines dans un pays où l'honnêteté est de mise quotidienne, Manon se fait voler sa seule veste. Ca commence bien ! Après quelques démarches réglementaires à notre arrivée, nous prenons la direction de la guesthouse, dépose des bagages et nous partons marcher dans la ville à la recherche d'un restaurant encore ouvert à cette heure tardive. Nous atterrirons non loin de là, à Eleven Kitchen où nous apprécierons une très bonne cuisine et un vin délicieux. Ca nous avait manqué !



Dès le lendemain nous nous mettons à la recherche d'une auberge moins coûteuse pour enfin prendre la direction de l'institut Pasteur. Le guide indiquant qu'il s'agit du seul endroit du pays où se faire vacciner contre la rage, nous souhaitons nous en assurer (d'autant plus que nous avions lu un article d'un blog parlant de vaccination à Siem Reap). L'accueil est rapide et le médecin (qui parle français) nous rassure une fois de plus quant aux soins précédemment reçus.

On nous informe que parfois il n'y a plus de vaccin disponible ici et que ce sera au petit bonheur la chance. Apparemment un institut Pasteur s'est ouvert à Battambang mais ils n'en sont pas sûrs (étrangement drôle) et qu'ils ne sont pas au courant d'autres établissements où se faire vacciner dans le pays. L'après-midi nous prenons le temps d'errer dans les rues de la capitale et de visiter quelques temples et pagodes avant de fêter notre arrivée avec Louise (rencontrée aux Philippines) qui se trouve là avec des amies australiennes et américaines avec qui nous passons la soirée.








Dès le réveil, nous changeons d'auberge, notre chambre sans fenêtre, à l'humidité remarquable et au lit superposé n'était certes pas très coûteuse mais ne nous a pas particulièrement plût. Nous profitons de la journée pour apprécier un peu plus de lieux de la ville et notamment le palais royal. Nous oublions une règle essentielle : avoir genoux et épaules couvertes. Nous devons donc acheter un t-shirt pour Manon faute de quoi nous ne pourrons pas entrer dans le palais. Un touriste allemand semble fou de rage en expliquant que sa femme a mis une écharpe sur les épaules pour les couvrir. Les gardes ne semblent pas convaincus, il leur faudra donc eux-aussi acheter un t-shirt, "business is business" ...

Le temple est immense à la mesure de la grandeur des souverains Khmers. Nombreuses salles, cours et allées à travers lesquelles nous circulons et ... nombreux touristes asiatiques aux selfies innombrables. Le mur d'enceinte est décoré de peintures récemment rénovées. Nous nous y sentons si bien que nous prenons le temps d'une pause dans la seconde cour, près du palais d'argent dans lequel parures et dorures sont à leur apogée. Le sol, sous ce revêtement est fait de dalle en argent que nous pouvons partiellement distingué. C'est fou.

Le soir nous dînons de nouveau avec Louise et ses amies à Mok Mony où l'accueil est génial. Le patron, que nous avions rencontré 2 jours plus tôt est fier de sa cuisine et transmet toute sa sympathie à l'intérieur de celle-ci.



La nuit a été un véritable cauchemar, nous n'avons pas fermé l'oeil. Notre auberge est une sorte de boite de nuit que les jeunes semble apprécier tout comme la rue de notre adresse qui est une sorte de "rue de la soif". On change immédiatement d'endroit, mais notre réservation tombe dans le vide. Nous arrivons dans une auberge qui nous annonce "qu'il n'y a plus de place et que notre réservation n'a pas été retenu"... Arf... On retourne sur la route et trouvons finalement un endroit qui devrait convenir. Les logements sont extrêmement chers à Phnom Penh et ce n'est pas mince affaire que de trouver un logement à prix modéré.


Après tout ceci, nous voici partis vers la prison S21. Nous restons près de 3 heures dans ce "mémorial", ancienne prison des Khmers rouge. Ce lieu, autrefois appelé "l'endroit où les gens entrent mais ne ressortent jamais" (ça donne le ton) est bouleversant. Nous n'aurions jamais imaginer que telles atrocités aient pu se produire au sain d'une même population. La visite commence par 14 tombes, hommage au 14 corps sans nom retrouvés à la découverte de la prison. Hommage surtout aux 20 000 prisonniers qui y sont passés et aux 10 survivants (seulement). Ce n'était pas une prison mais un massacre. Les Khmers Rouge y enfermaient tant de personnes, parfois sans raison apparente, pour leur faire avouer des faits que les prisonniers eux-mêmes ne connaissaient pas.


Alors ils étaient emprisonnés, enchaînés les uns aux autres, torturés, affamés, molestés, humiliés jusqu'à être rendu à l'état animal. Enchaînés au sol pieds et mains, un demi bol de riz par jour en guise de nourriture. Pour la douche, un jet d'eau de quelques secondes furtif dans la salle. Ceux ayant la chance de recevoir de l'eau pouvant se laver (ou même la boire) avec le restant au sol, les autres (aux extrémités de la pièce) ne pouvaient que regarder. Des bestiaux ! Puis, après leur aveux, ils étaient finalement exécutés (à la main, les munitions coûtaient trop cher). La plupart du temps, les prisonniers avouaient des mensonges pour en terminer de la torture.

Nous retenons l'histoire de ce détenu néo-zélandais, capturé alors qu'il faisait un tour du monde en voilier qui a avoué être un informateur de la CIA et que son patron était le colonel Sanders (dixit KFC). Se sachant condamné, il donna des faux-noms en hommage à sa mère, sa famille et aux Beattles. Les Khmers Rouge l'on gardé captif pour avoir des informations (qu'il n'avait évidemment pas). Les très jeunes soldats (14-18ans) étaient chargé de les faire parler quoi qu'il en coûte.

Si les prisonnier mourraient sans avoir signés des aveux, le gardien lui-même devenait prisonnier à son tour. Il n'y avait pas de limites, la terreur régnait jusque dans les rangs des Khmers Rouge, craignant fortement la trahison.

Nous passerons les détails mais nous ne ressortirons pas indemne psychologiquement de la salle des tortures. Au bord du vomissement (Gaëlig) ou des larmes (Manon) nous sommes marqués à vie par l'horreur de ce qui s'est passé il n'y a pas si longtemps. Mais dans quel monde vivons nous ? Sommes-nous vraiment si avancé au XXIe siècle ?


Le temps nous manquera pour aller aux Killing Fields (le nom parle de lui même pas la peine d'en faire un dessin) et l'estomac en avait déjà bien assez aussi.

L'esprit lourd, nous prenons le chemin de Morphée car nous quittons la ville le lendemain pour Battambang ...














Nous voici parti à destination de Battambang. On en a entendu beaucoup de positif alors nous sommes impatients. Notre bus part dès 8 heure et notre chauffeur a semble-t'il, des envies suicidaires. Les locaux présents dans le minibus à nos côtés semble effrayés et en rigolent à la pause de mi-parcours. Ils prennent pourtant le numéro de téléphone disponible dans le véhicule pour alerter du danger que représente ce conducteur. Rassurant !

Dès notre arrivée à l'auberge nous partons visiter les alentours de la ville. Notre tuk-tuk que nous avions rencontré à la descente du bus est un fin connaisseur des lieux. Nous avons le droit à une visite guidée improvisée nous décrivant même l'histoire des ronds-points. Amusant.

Nous prenons le chemin du "Bamboo Train" (pas le plus connu à 40kms de la ville qui est beaucoup plus cher et sans intérêts après ce que l'on nous a conté). Un moyen de transport bien atypique où un moteur relié à 4 roues de train emmène une quinzaine de planches reliées les unes aux autres. Le tout sur une voie de chemin de fer pas totalement désaffectée il parait. Mais les trains ne passent pas aux heures où nous y sommes. Rassurant à nouveau.