Cambodge - Kampot



En accompagnement de cette délicieuse lecture voici deux petits plaisirs auditifs :

1- https://soundcloud.com/octavofficiel/man-from-the-stars

2- https://soundcloud.com/profildeface/bleu-toucan-ananas-remastered


Nous voici embarqués dans un bus de nuit au départ de Siemp Reap et en direction de Kampot. Arrêt matinal à Phnom Penh pour changer de bus. Là nous tenterons d'achever une nuit partiellement entamée en tentant d'aller chercher un petit déjeuner... En vain. Sur le chemin, un bien triste phénomène s'ouvre à nous, il est 6h00 du matin et voici que des centaines de personnes font la queue devant ... un hôpital pour enfant. La file d'attente longe le trottoir à l'extérieur du bâtiment, puis tourne le long de la rue perpendiculaire, ... à croire qu'il n'y a pas de fin à cette attente. Les enfants pleurent, crient. Les parents patientent, tentent de distraire leurs enfants mais la tâche n'est pas aisée. L'hôpital ouvre enfin, c'est la cohue. Peu importe la raison pour laquelle ils sont là, c'est forcément important et ils attendent depuis des heures.

Pas le temps de s'arrêter, le bus nous amène, à travers des chemins chaotiques jusqu'à Kampot. Nous avons une faim de loup, la pause déjeuner après avoir déposé nos sacs à la guesthouse nous fera un bien énorme. "Ah m**** p***** ! Ma casquette ! Elle est restée dans le bus !". Par chance, il s'agissait d'un aller-retour jusqu'à Kep et le chauffeur nous la rendra lors de son trajet retour. ouf !

Nous partons alors pour l'hôpital, vérifier la disponibilité du vaccin pour Manon. Mais ni hôpital, ni clinique, ni docteur n'en ont ici ... On nous dira "Non, nous n'en n'avons plus". "Comment ça "plus" ? Vous en aviez avant mais plus maintenant ?". "Nous en avions avant oui, mais maintenant nous n'avons plus le droit d'en avoir, d'en distribuer, d'en administrer, c'est interdit. Il y en a peut-être quelque part mais nous ne savons pas où". Après de nombreuses recherches, appels et demandes nous faisons chou blanc. Il n'y a pas de vaccin anti rabique ici à Kampot. Heureusement que nous sommes venus la veille. Allez, c'est pas grave on va trouver une solution !

Nous voici devant "Les confitures de Michèle", nouveau magasin ici à Kampot. Michèle est très gentille, fait de bonnes confitures et crêpes. Pendant que son fils emmène Gaëlig à la recherche d'un hôpital, Manon goûtera gratuitement quelques douceurs. Au retour de Gaëlig elle lui dira "Hum, c'était très bon, dommage que tu n'ais pas pu goûter"... Grrrr. Pendant ce temps Gaëlig n'a finalement pas loué de scooter, ni trouvé d'hôpital mais a négocié pour un aller-retour express en taxi pour Phnom Penh, ville la plus proche où trouver un vaccin. 3h Aller, 1h d'attente à Siem Reap, 3h retour, 400kms, on nous demande 150$ et nous nous en sortirons pour 65$. C'est cher, ça pollue beaucoup mais les bus ne nous permettent pas cet aller-retour, nous ne voulons pas retourner dans l'enfer de Phnom Penh, nous voulons rester dans le Sud. Alors tout ceci à un prix. Après de longues négociations dans un langage improvisé, notre chauffeur nous donne rendez-vous à 5h00 devant notre guesthouse. Pour profiter un peu de notre soirée, nous prendrons un très bon verre au Camp'Potes Bar avant d'aller nous restaurer dans un très bon restaurant proche des berges "Un bon steak ça fait trop longtemps !". Dommage que nous ne puissions pas trop traîner, la ville nous plaît beaucoup, l'ambiance y est bonne et détendue. C'est paisible.


Le réveil est difficile. Mais nous ne manquons pas à nos obligations. Le chauffeur est là à l'heure, et ne nous a pas oublié ouf ! Il fait encore sombre, et notre chauffeur fonce à travers les routes se transformant peu à peu en des chemins de terre. La route est longue, Manon s'endort doucement sur les jambes de Gaëlig. Dehors, après quelques minutes, le spectacle est incroyable. Un lever de soleil sur la plaine comme nous n'en avions jamais vu. Des couleurs vives et brillantes se mélangent à l'obscurité des lieux. Une couleur mauve brise le jaune dorée des champs, rendant l'éclat rougeoyant du soleil. Celui-ci lançant des faisceaux lumineux à travers les arbres. Grandiose !

Mais ce sublime spectacle n'est là qu'un court instant. La nuit s'estompe, laissant place au soleil et à l'Homme. L'Homme qui veut vivre, l'Homme cruel, l'Homme mauvais, l'Homme aveugle quand il le veut, l'Homme sans cœur, l'Homme dictateur, l'Homme esclavagiste, l'Homme qui veut survivre, ...Le jour se lève, et l'Homme aussi. Notre chemin croise celui des travailleurs cambodgiens. Scène hallucinante et pourtant si véritablement atroce. Un choc pour le cœur. Nous voici à bord de notre taxi à 65$ pour aller à Phnom Penh et les voici à bord de leur camionnette, entassés par dizaines pour aller travailler. Un travail que l'on devine dans ces lointaines usines. Ils sont par cinquantaine par fourgon et il y a des centaines de fourgons... Nous notons qu'il n'y a presque que des femmes. Les hommes eux conduisent les fourgonnettes...

Le trait tiré, la mine fatiguée, le corps lassé, elles sont pourtant là pour nourrir des bouches. Mais nul doute qu'elles ne gagnent pas énormément et que leur travail ne se fait pas dans des conditions optimales. Ces usines devant lesquelles nous passons n'ont pas d'enseigne. Mais au détour d'une route nous "google-isons" les bâtiments. Compagnies possédées par Louis Vuiton, Gérard Darel et bien d'autres. Nous y sommes. L'exploitation de la petite main. Comme tout le monde, nous avions entendu parlé de ces usines mais jamais nous ne nous saurions imaginé tel esclavage jusqu'aux portes de l'usine. Non, excusez notre ignorance, ce sont bien des bestiaux partant à l'abattoir. Leur regard est vide, leur visage marqué par le temps.

Nous poursuivons notre chemin, l'esprit plein de questionnement, le cœur serré, nous nous questionnons sur la chance de chacun, la distribution des pouvoirs, ... et cette journée (comme vous le lirez par la suite) n'est que le début de nos interrogations. Arrivés à Phnom Penh, notre chauffeur se rend immédiatement à l'institut Pasteur.

- "Ne vous en faites pas monsieur, on fait vite et en 15 minutes ce sera bouclé, on pourra repartir rapidement".

- "Super merci"

- "Oh mais putain c'est quoi ce bordel ????"

La suite [à lire ici dans l'article Sanofi : "Quand la vie ne tient qu'à un fil industriel"] est déroutante. Nous ressortirons 1h30 plus tard de la clinique Pasteur avec une multitude d’interrogations, de nombreux doutes sur les sociétés pharmaceutiques et le monde qu'elles laissent à leur côté. Le dernier vaccin de Manon a été injecté (malgré la réticence du médecin), nous pouvons poursuivre notre aventure sereinement.

De retour à kampot sur les coups de 13h, nous louons un scooter et partons à la visite d'un champs de poivre (Le fameux poivre de Kampot !). Les cultures sont impressionnantes, et la dégustation qui suit la visite est surprenante mais très savoureuse. Par hasard nous recroisons les copines de Louise avec qui nous avions mangé à Phnom Penh 10 jours plus tôt. Ah la vie et ses petites surprises ... Que le monde est petit !

Après "le sublime steak" de la veille, nous avions eu vent d'une raclette dans le coin où nous voulons aller. Pour faire la surprise à Manon en l'honneur de la fin des vaccins, Gaëlig réserva en cachette et dit alors "Non, pas de raclette ! Ce n'est ni le pays, ni la saison !". A quoi elle répondra folle de rage, prête à se fâcher "Eh ben tu sais quoi ? T'as qu'à aller manger ton truc tout seul, je m'en fou, t'as qu'à partir, moi je vais manger ma raclette"

Serait-elle capable de tuer pour du fromage ? (ah ah !!) Nous sommes en manque de fromage !Nous dînons donc à l'auberge du soleil chez Cédric le patron, un suisse qui s'est arrêté là. Super sympa, la raclette est un délice, ça faisait tellement longtemps.

Nous restons un long moment avec Cédric après le repas. Quelqu'un de super sympa, et d'intéressant. Une belle rencontre. Nous dormirons dans des petits cabanons en bois tout mignons à Samon Village donnant sur la rivière bordant Kampot. Le cadre est sympa.

Le lendemain, nous comptions passer une journée à errer dans les alentours de Kampot mais notre linge donné pour être lavé, passant du blanc au rouge changea la donne. Du linge neuf peut-être mais même si ce n'est que du matériel nous aurons une discussion épique avec le patron de l'établissement pendant plus d'une heure. Pour dédommagement il nous dira c'est soit 3$ ou 300$. Ah ah ! mais on en veut pas de ton pognon ! On prendra 30$ (histoire de pouvoir s'acheter 2-3 autres choses) et laisserons 270$ en Tips. Le patron était furieux que l'on puisse donner de l'argent à ses employés. Vil, perfide, mal gracieux, impoli et arrogant, cet homme nous a poussé à partir de cet établissement où le personnel est pourtant très gentil. Literie peu recommandable aussi, attention aux acariens.

Nous attérissons à Kampot Cabana, super petit coin de paradis tenu par 2 français très cool qui viennent de reprendre l'affaire. C'est au bord d'une petite rivière, c'est calme, agréable et nous dormons dans une petite hutte bien plus sympathique que la veille.

Nous partons en balade dans les marais salants de Kampot. L'endroit est incroyable. Les couleurs vives rouge-orange de la terre battue tranche avec le blanc éclatant du sel. Sensationnel !

Nous partons ensuite au coucher de soleil assister sur une petite embarcation de pêcheur à l'envol de lucioles. Les mastodontes (bateaux) touristiques aux lumières fluorescentes et à la musique incessante gâcheront le début du spectacle, mais une fois parti nous serons seuls face à ces petites bestioles étincelantes dans l'obscurité de la nuit. Du feu volant :)

Nous retournons dîner chez Cédric, mais ce sera fondue bourguignonne cette fois-ci. Nous rencontrons 2 dames retraitées qui passent 7/12 mois ici chaque année. Elles nous parlent du changement de la ville depuis que les chinois ont annexé Sihanoukville...


Il n'y a plus de place à Kampot Cabana alors nous décidons de partir à l'écart de la ville à Eden Eco Village. Avant d'y aller nous voulons aller à Rabbit Island mais nous ratons le bateau. Dommage, mais c'est pas grave nous reviendrons. Nous nous posons sur la plage de Kep-sur-Mer où s'amusent quelques enfants. On se croirait presque sur la côte d'Azur avec un nom pareil. Après un moment de détente nous dégustons des crustacés et les fameux crabes de Kep après avoir sillonné le marché de crabes. Délicieux.

Après avoir lutté contre une route chaotique en scooter, nous voici arrivés à la guesthouse où nous attend un coin de paradis. Cabane en bois sur pilotis avec terrasse surplombant la rivière. Des hamacs dans lesquels se détendre au-dessus de l'eau, l'endroit est à l'abris du bruit, le rêve !!!! Nous prenons l'apéro à côté avant de dîner. Nous aurions voulu rester là des jours tellement ce petit paradis nous plaît. Mais après un cours de yoga le lendemain matin aux aurores nous prenons la direction des îles de Koh Rong dont nous avons entendu beaucoup de bien. Nous avons hâte !!!




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